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8 min de lecture10 octobre 2026

Site internet en location ou à l'achat : ce que vous payez vraiment sur 4 ans, et ce qui vous appartient à la fin

Site « offert » contre 48 loyers, financeur tiers, résiliation refusée : comment fonctionne la location de site, ce qu'elle coûte sur 4 ans, et les questions à poser avant de signer.

Axel Masson

Axel Masson

Fondateur & Directeur Créatif

Deux colonnes : un site en location sur 48 mois et un site acheté, avec ce qui appartient au client à la fin

Un commercial passe à l'atelier ou au restaurant. Il propose un site internet « offert », ou « sans frais de création », contre un abonnement mensuel. Cent, cent cinquante, trois cents euros par mois. Le site est en ligne en quelques semaines, et au début tout va bien.

Les ennuis arrivent plus tard, quand on veut changer quelque chose, partir, ou simplement comprendre pourquoi le téléphone ne sonne pas plus qu'avant. C'est à ce moment-là qu'on relit le contrat.

Comment fonctionne un site « en location »

Le principe est celui du leasing d'un véhicule ou d'une photocopieuse. Vous ne payez pas le site : vous payez un loyer pour l'utiliser pendant une durée fixée, le plus souvent 36 ou 48 mois. Trois acteurs sont en jeu :

  • le prestataire, qui conçoit le site et vous le présente ;
  • un organisme de financement, qui achète le site au prestataire et vous le loue. C'est lui qui prélève les loyers. Les décisions de justice publiées sur ces contrats mentionnent le plus souvent des sociétés de location financière spécialisées, avec des contrats de 48 mensualités ;
  • vous, qui signez deux documents : le contrat de prestation avec le prestataire, et le contrat de location avec le financeur.

Le point qui change tout : ces deux contrats sont juridiquement distincts. Le financeur n'a pas fabriqué le site et ne s'engage pas sur sa qualité. Si le site vous déçoit, s'il n'est pas mis à jour, si le prestataire ne répond plus, les loyers restent dus au financeur, parce que le contrat de location, lui, est rempli : le site existe. C'est le mécanisme qui explique les témoignages de commerçants qui paient pour un site inutile « jusqu'en 2028 », et les mises en demeure quand ils cessent de payer.

Deux autres clauses à chercher dans le contrat :

  • la reconduction tacite. Au bout des 48 mois, le contrat se renouvelle souvent automatiquement si vous n'avez pas envoyé une lettre de résiliation dans une fenêtre précise, parfois trois mois avant l'échéance ;
  • la propriété. Dans la plupart de ces contrats, le site, son contenu, parfois le nom de domaine et l'hébergement restent la propriété du prestataire ou du financeur. À la fin, vous ne récupérez rien. Vous avez loué.

Le calcul sur quatre ans

Prenons un loyer de 150 € HT par mois, dans la moyenne de ce qu'on voit passer. Et comparons avec ce que coûte un site acheté, en prenant nos propres prix pour ne pas inventer ceux des autres.

Site en locationSite acheté
Création0 € affiché990 € HT pour une landing page livrée en 5 jours, 1 500 à 3 000 € HT pour un site vitrine complet
Mensualité150 € HT × 48 = 7 200 € HTHébergement et nom de domaine : de l'ordre de 10 à 30 € par mois, à votre nom
Maintenance, mises à jourSelon contrat, souvent limitées à quelques modifications par anAu choix : vous-même, ou un forfait de maintenance ou de communication
Total sur 4 ansEnviron 7 200 € HTEnviron 2 000 à 4 500 € HT hébergement compris, selon le site
Ce qui est à vous à la finRien, ou le site contre un rachatLe site, le domaine, l'hébergement, les textes, les photos
Sortie anticipéeLoyers restants dusVous arrêtez quand vous voulez

Ce calcul ne dit pas que la mensualité est une mauvaise idée en soi. Étaler un coût, pour une petite entreprise, c'est souvent la seule façon de démarrer : l'étude 2025 de l'Afnic sur la présence en ligne des TPE et PME montre que deux entreprises sur trois consacrent moins de 300 € par an à leur présence en ligne, et que seule une sur quatre juge le temps investi sur internet rentable.

Ce qu'il dit, c'est que la question à poser n'est pas « combien par mois », mais « qu'est-ce qui m'appartient, et est-ce que je peux partir ».

Les six questions à poser avant de signer

  1. Qui prélève ? Si ce n'est pas le prestataire lui-même, demandez le nom de l'organisme de financement et lisez son contrat à lui, pas seulement la plaquette.
  2. À quel nom sont le nom de domaine et l'hébergement ? Si ce n'est pas le vôtre, demandez-le par écrit. Un domaine enregistré au nom d'un prestataire qui disparaît est l'un des motifs de saisine du service de médiation de l'Afnic.
  3. Que se passe-t-il si j'arrête de payer ? La réponse honnête, c'est « les loyers restent dus ». Si on vous dit autre chose, demandez-le par écrit.
  4. Combien de modifications par an sont comprises ? Et combien coûte la suivante.
  5. Que se passe-t-il à la fin des 48 mois ? Reconduction automatique ? Rachat du site ? Restitution ? À quelle date dois-je écrire pour résilier ?
  6. Puis-je récupérer les fichiers, les textes et les photos si je pars ? Dans quel format, à quel prix.

Si le commercial n'a pas de réponse écrite à ces six questions, vous avez votre réponse.

Vous avez déjà signé : ce que vous pouvez faire

Ne cessez pas de payer sur un coup de tête : vous vous exposeriez à une procédure pour les loyers restants. Procédez dans cet ordre.

  1. Relisez le contrat de location, pas le devis : date de fin, préavis, forme exigée pour la résiliation (souvent une lettre recommandée), coût de sortie. Notez la date limite dans votre agenda, avec un rappel trois mois avant.
  2. Vérifiez à quel nom sont le domaine et l'hébergement. Une recherche Whois sur votre nom de domaine vous le dit en trente secondes. Si le domaine est à vous, vous gardez l'essentiel : votre adresse, et le référencement qui va avec.
  3. Chiffrez ce que le site vous rapporte. Demandes de contact, appels, réservations attribuables au site sur les douze derniers mois. S'il ne rapporte rien, le loyer est une perte sèche, et ça pèse dans la décision de partir à l'échéance ou de négocier.
  4. Préparez la suite avant l'échéance, pas après. Un nouveau site se construit pendant que l'ancien tourne, et bascule le jour de la fin du contrat, avec les redirections pour ne pas perdre les positions Google. C'est exactement le type de bascule qu'on gère dans une refonte sans perte de référencement.
  5. Si le site n'a jamais été livré ou ne fonctionne pas, conservez toutes les preuves (e-mails, captures datées, mises en demeure) et prenez conseil : les tribunaux examinent ces situations au cas par cas, et la contestation se joue sur les pièces.

Comment on fait, nous

On ne loue pas de sites et on ne travaille avec aucun organisme de financement. Deux façons de travailler avec nous :

  • Le site acheté, payé par étapes calées sur les livraisons : maquette validée, puis mise en ligne. Vous voyez le site de test dès la première semaine. À la livraison, vous recevez une fiche d'accès : domaine, hébergement, administration, fichiers sources, tout à votre nom.
  • Le forfait communication, dans lequel le site est offert selon la durée d'engagement. La différence avec une location : le site, le domaine et l'hébergement sont à vous dès le premier jour, il existe une formule sans engagement avec un préavis d'un mois, et il n'y a personne entre vous et nous. Si vous partez, vous partez avec votre site.

Si vous hésitez entre les deux, ou si vous voulez simplement qu'on relise un contrat de location avant de le signer, envoyez-le nous. On vous dit ce qu'on y voit, gratuitement, et sans promettre de résiliation qu'on ne maîtrise pas.

Écrit par

Axel Masson

Axel Masson

Fondateur & Directeur Créatif

Passionné de stratégie digitale et de design, Axel accompagne les PME dans leur croissance en ligne depuis plus de 5 ans.

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